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Homme pour homme

de Bertold Brecht

« Galy gay ! Un homme est un homme / Un homme pour un homme / Un poisson pour un concombre / une madame Galy gay pour une Léocadia Begbick / un barreau de chaise pour un cigare / une carte d'état major pour un éléphant / un acteur pour un acteur / un mot pour un autre »

Homme pour homme
Quel étrange paradoxe de savoir qu’on traite, via le théâtre, d’une question très grave qui est la perte d’identité d’un sujet, d’un homme, et que dans la fabrication de l’œuvre tout s’ordonne autour du jeu de l’enfant. Fabriquer le théâtre comme des enfants dans un grenier qui jouent à la guerre c’est là, peut-être, qu’on se rend compte de la gravité du monde.
Souvenir inouï d’avoir construit avec des caisses en bois, un train qui part pour la guerre. Souvenir inouï d’une veuve Begbick qui prend dans ses bras un Galy Gay naissant à un devenir d’homme monstrueux. J’ai appris par ce travail que seule la re-convocation de l’enfant qu’on avait été, était source de jeu et de joie, pour porter un texte plein de gravité.
Le théâtre n’est pas une affaire de famille, c’est une structure, parce qu’il est langage, parce qu’il y a la langue de l’auteur .
Patricia Jeanneau - mai 2001


Galy gay !
Un homme est un homme / Un homme pour un homme / un poisson pour un concombre / une madame Galy Gay pour une Léocadia Begbick / un barreau de chaise pour un cigare / une carte d'état major pour un éléphant / un acteur pour un acteur / un mot pour un autre.
1925, Kilkoa, ville de l'empire, en Inde.
En onze étapes, Brecht démonte la mécanique de la métamorphose du commissionnaire Galy Gay en un mitrailleur du 8eme régiment : Jeraiah Jip. Il aura suffit d'une nuit pour réveiller le guerrier qui dormait en Galy Gay ; il aura suffit d'une nuit à trois mitrailleurs pour préparer la grande tambouille de la propagande de leur Queen afin de persuader un homme et de se persuader de leur absurdité.
Nous nous sommes assis en tailleur comme des scouts, nous avons chanté, joué à la guerre, fabriqué des cabanes, fumé des faux cigares, bu du faux whisky, nous nous sommes battus pour de faux (avec des fusils même pas vrais), nous avons dansé autour d'un feu qui n'y était pas et, chaque soir, comme des enfants, plus nous inventions le monde autour de nous, plus il était vrai.
Et tous les soirs, j'ai joué à la métamorphose de Galy Gay. Depuis je ne suis plus tout à fait le même .
Emmanuel Texeraud - mai 2001