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Vénus

de Lolita Monga

« Le barbare, c'est d'abord l'homme qui croit à la barbarie. »

Vénus
REPRISE :
projet à venir

de Lolita Monga
Mise en scène : Frédéric Maragnani
avec :
Luc Cerutti
Jean-Paul Dias
Lolita Monga

Collaboration chorégraphique : Faizal Zeghoudi
Décor : Camille Duchemin
Costumes : Sophie Heurlin
Lumière : Gilles Govaerts
Régie générale et lumière : Vanessa Lechat

Production déléguée : Cie Travaux Publics
Coproduction : Théâtre Le Grand Marché - Centre Dramatique de l'Océan indien, Cie Travaux Publics,
avec le soutien de l’ADAMI et du Centre national du Théâtre
et l’aide à la diffusion de l’Office Artistique Région Aquitaine

Lolita Monga a bénéficié pour l’écriture de Vénus d’une Bourse du Centre National du Livre, d’une aide du ministère de la Culture et d’une résidence d’auteur à Limoges pour commencer l’écriture de la pièce.


Vénus, il était une fois signifie maintenant, est un conte qui mêle différentes voix venues d’ailleurs et d’âges différents, des conversations, des chants, des inventaires de noms, de choses. C’est un conte de fées à l’envers où la fée est un corps aux formes généreuses et à la peau noire. C’est l’épopée de notre mémoire collective des civilisations et des peuples, des déplacements forcés des populations, des barbaries humaines, des rencontres improbables et des coïncidences de l’histoire. Vénus est un hymne drôle et grave aux exclus, aux étrangers de tous les temps, aux marginaux de la planète, aux décalés, aux démembrés. C’est une formidable matière poétique et scénique, un nouveau pari pour le jeu théâtral et un tendre regard sur notre humanité.

Une brève histoire de la civilisation à réinventer.


Quand Lolita Monga m’a parlé pour la première fois de La Vénus Hottentote, je n’y ai pas cru. Non pas que la possibilité humaine de la barbarie dans l’histoire ne m’apparaisse pas clairement : je connaissais la cruauté et l’indécence des zoos humains et des « shows » des foires universelles du début du vingtième siècle et le combat pour imposer les idées évolutionnistes et humanistes.
Non, j’ai été sidéré, qu’au tournant de notre Histoire (Sarah Baartman dit La Vénus Hottentote est née en…1789 !), une femme noire, tour à tour esclave, servante, monstre de foire, curiosité scientifique et curiosité mondaine, puisse symboliser en aussi peu de temps (elle est morte à l’âge de vingt six ans) une brève histoire de la civilisation : l’alliance criminelle d’un régime politique et économique, la colonisation, sa justification idéologique, la religion et sa caution morale, la science. Passé la surprise de l’évidence de ce fait, j’y ai vu une formidable épopée théâtrale à inventer.

Ce qui m’a intéressé dans ce nouveau projet à mettre en œuvre est autant la notion de sujet que je n’ai, jusqu’à présent, jamais vraiment traité dans mon parcours de metteur en scène (l’histoire a eu lieu, des témoignages et des preuves existent mais des recherches sont néanmoins nécessaires pour en reconstituer le fil rouge) que le fait que cette histoire dont l’énigme reste entière sur bien des aspects, puisse être un creuset d’inventions, de fantasmagories, et que la part cachée est finalement bien plus importante que la part visible.
Je rejoins là ma préoccupation récurrente dans mon travail : le rapport entre le champ et le horschamp (ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas) et la préexistence de la parole et des mots du théâtre comme seule réalité possible.
L’anecdote historique de la Vénus Hottentote est, à cet égard, une base tout à fait intéressante pour aller vers une épopée théâtrale des mots car il s’agit essentiellement d’une histoire du visible et de l’invisible par l’histoire de la dislocation des corps. Il est passionnant de suivre le parcours du corps de cette femme d’Afrique du Sud, curiosité anatomique (seins, fessiers, sexe), corps désiré, corps acheté, échangé, puis finalement corps disséqué, disloqué, séparé, corps perdu, retrouvé, reperdu, de nouveau retrouvé, puis finalement inhumé (en partie) dans sa terre.

L’occasion m’est donnée de mettre en œuvre une forme de mise en scène « ouverte », parlée, chantée, musicalisée, chorégraphiée. Une équipe composée d’une femme et de trois hommes (dont un acteur-musicien) sera l’unité des « chercheurs-spéléogues » à la recherche de notre Vénus perdue. La base de notre grammaire scénique sera simple : table, chaises, micros, écrans, projections sonores et visuelles, permettant l’organisation des jeux.

Frédéric Maragnani